Culture

Street Art [à Bordeaux]

albert

Lorsque l’on prend n’importe quelle plaquette touristique sur la ville de Bordeaux, on y retrouve forcément ça :

« Bordeaux ville d’exception inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité »

ça :

« 376 édifices protégés au titre des Monuments historiques »

et ça :

« 2ème ville de France après Paris en nombre de monuments classés »

 ou encore ça :  » Le bordelais est le plus grand et le plus ancien vignoble de vins fins au Monde »

Il est cependant possible de découvrir d’autres facettes tout aussi intéressantes de cette ville de charme et de caractère. L’office de tourisme propose un large panel de visites guidées. On y retrouve les  tours classiques (mais très prisés )  proposant de découvrir le centre historique ou encore les châteaux  de la région, mais aussi des visites beaucoup plus atypiques comme « le bourreau de Bordeaux », « Promenade dans le Bordeaux maçonnique » et bien d’autres encore.

J’ai jeté mon dévolu sur une visite dominicale offrant la possibilité de découvrir le Street Art et les graffitis de la ville. Si vous habitez à Bordeaux, vous avez dû remarquer comme moi, que l’art de rue se développe à vitesse grand V et qu’il n’est pas rare de tomber sur de nouvelles œuvres fraîchement réalisées. Aussi, j’ai voulu en apprendre un peu plus sur cette pratique, sur ces artistes et sur la politique de la ville à ce sujet. Cette visite guidée m’a permis ( en plus  d’occuper une partie de mon dimanche) d’avoir quelques éléments de réponses à toutes mes questions.

Comment s’inscrire ?

Tout d’abord, vous devez réservez votre place sur le site : http://www.bordeaux-tourisme.com. Vous vous acquittez  ensuite de la somme demandée pour les deux heures de circuit prévues, c’est à dire 10 € (9€ si vous êtes étudiant !) Les visites ont lieu une fois par mois entre avril et décembre et débute à 10h30.

Le jour de la visite, n’oubliez pas de venir avec votre monture ( je parle de votre vélo et non de votre canasson ! )

Ce que j’ai aimé :

  • J’ai vraiment apprécié cette balade à vélo, c’est très agréable de se laisser guider dans sa propre ville et de traverser des rues complétement inconnues.
  • La guide aurait pu tomber dans la facilité et nous amener sur des sites ultra connus comme Darwin, ou Bacalan, mais elle a préféré nous faire découvrir des œuvres plus secrètes et moins exposées aux regards des promeneurs.

Cette visite, très sympa, permet de mettre des noms sur des œuvres que nous avons l’habitude (ou pas) de croiser.

Mais avant de poursuivre mon baratin, et parce que je suis particulièrement généreuse, je vais vous montrer en image ce que nous avons vu :

Première étape de notre parcours : Le quartier Belcier avec la découverte de l’artiste plasticienne Delphine, qui a produit une série de collage sur le thème de Marguerite Duras et notamment de son enfance à Saïgon :

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Sur notre chemin on tombe sur plusieurs production de Selor, un graffeur né à Cognac, qui est plutôt très actif à Bordeaux mais également à Porto où j’ai eu la surprise cet été de retrouver son étrange animal jaune.

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Quartier Belcier

On retrouve très souvent ce personnage, un renard, mais également des oiseaux, des fleurs et occasionnellement une renardette.

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Nous avons par la suite quitté le quartier de la gare pour rejoindre celui de Saint Nicolas, près de la victoire. On a découvert l’univers enfantin et cartoonesque du crew nommé Skinjackin et de Tatie prout et Migwel :

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Skinjackin
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Evocation de Bob l’éponge et du cousin machin par Tatie Prout & Migwel

Nous avons finalement rejoint la rive droite, côté Floirac pour découvrir le travail fait sur les façades du camp des Sahraouis et, en face, en bordure du parc aux angéliques.

Le prochain circuit est prévu le 4 décembre et proposera un parcours dans les quartiers des Chartrons, du Grand parc et de Ravezies.

Je vous conseille vivement de vous y inscrire si vous souhaitez découvrir la ville autrement.

Mais pourquoi avons-nous l’impression que le Street Art envahi la ville ?

Et bien parce que c’est vrai !  Et parce que c’est la nouvelle dynamique que veut insuffler Bordeaux. Le lancement d’une saison Street Art a même été organisé en juin 2016. La ville a commandé plusieurs œuvres qui contrairement à la plupart des productions artistiques de rue ne sont pas vouées à disparaître. Il y a également eu plusieurs projets où les graffeurs ont pris possession de bâtiments avant leur démolition, on peut citer parmi eux, l’école primaire talençaise Georges Lasserre (Back to school) en 2015

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et le Virgin Mégastore ( avec Transfert #6) en 2016

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Enfin, on retrouve également le travail de certains de ces artistes entre 4 murs à la fondation Bernard Magrez, à la galerie Cox ( près du jardin public), ou bien sûr dans le paysage urbain du quartier de Bordeaux nord, de Bacalan et rive droite du côté de Darwin ou de Floirac.

Et oui, on ne devient pas la ville la plus tendance au MONDE sans surfer sur les courants en vogue !

Mais au fait, le Street Art c’est légal ou illégal ?

A-t-on le droit de recouvrir les bâtiments publics de peinture en bombe, de collages et autres techniques en tout genre ? Non ! Effectivement il est interdit de dégrader  le mobilier urbain et les façades de nos édifices. Si vous êtes pris la main dans le sac ou plutôt le doigt sur le spray, vous pouvez être très lourdement verbalisé (15000 € d’amende) cependant, le Street Art est devenu un mouvement artistique de premier plan, partout dans le monde il est possible d’admirer de véritables chefs-d’œuvre. Ces productions deviennent très prisées et même très cotées … Le Street Art attire, et les villes ont en bien pris conscience . De ce fait, ça devient toléré,  encadré… mais toléré et souvent même rémunéré ! Bien sûr ce changement de statut interroge.  Que fait-on de la démarche subversive qu’était ce courant aux origines ? Que devient cet acte militant s’il devient institutionnalisé, pire, si le Street Art s’embourgeoise à mesure qu’on le théorise et l’intellectualise, est-ce que l’on pourra toujours parler de Street Art dans les années à venir ?

Je ne prétends pas avoir les réponses à toutes ces questions, mais je comprends et partage l’engouement de la société pour ce mouvement car je ressens un plaisir immense en tant que spectatrice, lorsque j’ai devant moi une fresque aux couleurs criardes mais à la technique assurée. La beauté de Bordeaux ne repose plus seulement sur l’architecture  XVIIIème, sa Garonne, et sa région  mais aussi  sur la créativité sans limite de ces artistes de rue qui participent à redéfinir le patrimoine urbain.

Alors faites comme moi, ouvrez bien grands vos yeux, et aventurez vous dans  tous les quartiers surtout ceux  désaffectés, il s’y cache souvent de vraies pépites !

Mes chouchous :

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Monkeybird
monkey-bird
Une œuvre au pochoir de ce style est visible en face de l’hôtel de police)

 

 

 

 

 

 

 

albert
Albert (Darwin)
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Jef aérosol (Pellegrin)

 

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